J'aime les hôpitaux, asiles de souffrances
Où les vieux oubliés se transforment en organes
Sous les regards moqueurs et plein d'indifférence
Des internes qui se grattent en mangeant des bananes.
Dans leurs chambres hygiéniques et cependant sordides
On distingue très bien le néant qui les guette
Surtout quand le matin ils se dressent, livides
Et réclament en geignant leur première cigarette.
Les vieux savent pleurer avec un bruit minime,
Ils oublient les pensées et ils oublient les gestes
Ils ne rient plus beaucoup, et tout ce qui leur reste
Au bout de quelques mois, avant la phase ultime,
Ce sont quelques paroles presque toujours les mêmes ;
Merci je n'ai pas faim mon fils viendra dimanche.
Je sens mes intestins, mon fils viendra quand même.
Et le fils n'est pas là, et leurs mains presque blanches.